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Le mariage d’ Arezki
Des deux maisons du grand-père, celle bâtit en terre revenait à Arezki. L'autre restait la demeure de la femme du grand-père Na Djia, résultat d'un partage à l'amiable. Après l'errance de quelques mois, Arezki décidait de s'installer dans sa maison, pour d'une part mieux présager l'avenir et d'autre part venir en aide à Na Djia, sa mère et sa fille (tante d’Arezki). Elles occupaient la maison de pierre située en face de celle de Arezki. Subsister avec un fort pourcentage d'herbes dans ses aliments était un gage de réussite dans notre famille dénuée de toute ressource. A peine sortit du joug colonial (six mois), avec presque huit années de guerre, de souffrances,et de privations, seul le courage et la solidarité qui avaient joué à fond pendant ses événements permirent au peuple de survire. Dans cette nouvelle famille recomposée, le temps était à la réflexion, vendre un terrain au prix d'un tamis plein de grains de blé rassemblés ou bien partir à la recherche d'un travail si pénible soit-il pour les bras frêles d’Arezki pour subvenir à leur besoin. La seconde option était un choix sensé et responsable, la prospection prévue pour le lendemain donna ses fruits. C'était ainsi qu’il trouva un travail chez les pères blancs installés en ville, il s'agissait de distribuer la farine, l'huile et la margarine envoyée par les USA dans le cadre de l'aide humanitaire au peuple Algérien. Commence alors pour Arezki une vie d'adulte avec toutes ses implications. Na Djia ne cessait de le harceler pour épouser une jeune femme déjà mariée, dont la mère lui était amie et lui faisait souvent des cadeaux. Elle était confrontée à un niet irréversible d’Arezki, toute en créons en lui des idées suspicieuses. Il était convaincu des visées réelles de Na Djia, c'était uniquement pour profiter de sa modeste ressource gagnée à la sueur de son front. Elle était obligée de songer à une meilleure façon, pérenne, de garder le jeune homme dans son sillage, elle proposa alors la fille de sa soeur. A la réponse positive du jeune homme Na Djia prospecta les commerçants du village, susceptibles de lui donner un crédit remboursable à court terme. Un vieux sage, ami du grand-père, se proposa de mettre à sa disposition, ce qui devra constituer, un trousseau et une avance en argent. Le plus difficile pour Arezki et Na Djia c'était de demander mais surtout, d'obtenir la main de la fille convoitée. L'argument avancé du futur beau père d’Arezki qui n'était autre que le beau-frère de Na Djia, la question qu’il le taraudait était comment marier sa fille à un jeune homme, qui ne relève d'aucune autorité morale ou parentale. –Quelqu'un peut-il me garantir qu’il pourra
subvenir aux besoins de ma fille ? Répétait-il souvent à ses interlocuteurs. Aussi il n'a ni père ni mère vivant avec lui. Le temps et les pressions exercées par Na Djia et sa soeur finissaient par faire plier son futur gendre à accepter à contre coeur l’union de sa fille avec Arezki. La fête Les jours et les nuits se suivirent mais ne se ressemblent pas, la fête approche et une idée hanta particulièrement son sommeil, le déroulement des festivités. Un héritage en bien immobilier en nature… Le temps fait des siennes, le
jour « j » arrivait . L’heure du henné arriva, le poète devant le vendre, s'installa à la table parée à cet effet ; à sa droite le marié, une suite d'amis, à sa gauche le père, les proches parents, une suite de voisins et d'invités. En face la mère, khalkhal au pied, mains et cou ornés de bijoux
en argent massif, entourée d'un ensemble mouvant, amplement coloré, sentant le jasmin mélangé à d'autres parfums. C'étaient les femmes d'un certain âge dont la beauté ne s'était jamais altérée aux
files des nombreuses années vécues, elles étaient là pour perpétuer la tradition orale, égayer les présents par des chansons lyriques, répondre à la provocation du versificateur, le vendeur du
henné. Les restes du henné devraient être remis à la maîtresse de maison, bien sauvegardé pour éviter qu’il ne servit à des fins maléfiques par d’éventuelles sorcières. Le lendemain journée la mariée, dans une grande salle aux normes ambitieuses et fastueuses de la famille, un repas riche et varié était servi aux hôtes dans la convivialité. Le cheikh de la contrée, assis à la première table, vêtu d'une gandoura blanche. Sur ses épaules, un burnous en soie, de couleur blanche, allongé sa taille. Tête enturbannée méticuleusement sur une chéchia rouge dont la partie visible avait la forme d'une kippa. A ses côtés son père en costume gris débordant un peu sur sa taille, embourbé dans un burnous en laine de chameau de couleur tek, tête ornée d'une chéchia d'Istanbul, le visage, sué la joie. Son beau père, conservateur notable de la contrée, se distinguait par une chemise blanche, un pantalon très large avait la forme d'une jupe écossaise de couleur bleu ciel, il était coiffé d'un turban couvrant entièrement sa tête, il montrait sa fierté par des regards discrets et panoramiques. La diversité vestimentaire des présents, les odeurs dégagées par les pots de fleurs posées au milieu des tables, les pulvérisations des parfums par la mairesse de maison stimulèrent l'allégresse dans la communion. Le repas terminé, un long cortège de voitures de dernières générations démarrèrent en trombe pour ramener la mariée. Arrivée sur les lieux, dans un grand living-room spacieux, le cheikh lut la Fatiha et exhorta l'assistance au respect des lois coraniques en matière de mariage devant les présents et à titres de témoins. Ils prirent des boissons gazeuses, regagnèrent aussi précipitamment la maison de l’élu. L'appelle du muezzin à la prière du matin réveilla Arezki de son profond égarement. Récit d'un mariage parfait dans tous ses contours, vécu dans ce rêve. La fête en réalité s'était déroulée sans tambours ni trompettes, c'était une alliance entre pauvres dans une circonstance pitoyable. Il y avait impasse sur toutes les réjouissances, même pas tambouriner sur un bidon d'huile dite sango et chanter les poèmes de Slimane. Pas de rite ni coutume ni activité qui donnerait un sens et une âme à un jour promit, mais surtout inscrire l'historicité de l’ événement au profit du jeune couple. Le jeune marié forgé par les temps difficiles vécus dans d'autres circonstances, savait qu’il sur montera cette épreuve de marginalisation sociale et familiale en solitaire. Arezki n'avait aucun entourage familial ni du côté paternel ni du côté maternel, le dilemme qui s'était posé, fait que la coutume et l'usage empêcheraient, ses parents divorcés et remariés de se voir,chacun de son côté avait fondé un foyer. Ce handicap majeur, approfondi la tristesse de ce jour qui devrait être le plus heureux de son existence. La routine avait repris le chemin le lendemain, seul changement, une femme à prendre en charge. Le septième jour, la mariée était allée rendre visite, comme de coutume, à ses parents. La rétrospective d’une fête sans fête reviendra et imprégnera la suite du parcours social du couple. Seul dieu retiendra la joie intérieure de ces oiseaux sans ailes et les récompensera, tel est leur propre souhait et ceux de leurs proches.
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Des hauts et des bas naturellement, comme tout être humain,
des rires et des pleurs sur mon chemin sinueux

