Des hauts et des bas naturellement, comme tout être humain, des rires et des pleurs sur mon chemin sinueux

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          23-La tante Nana El Djouher

 

 

 

Un matin de très bonne heure, Arezki recroquevillé dans son petit lit, enroulé dans une couverture en laine de l'ère de sa grand-mère paternelle que ses parents lui avaient confectionné pour compléter son trousseau de mariage fut tiré de son sommeil.

L'oncle au triptyque nominal khalifien le réveilla de son profond sommeil entrecoupé de songes. Un sourire se dégageait de son visage illuminé casqué d'une chevelure rousse, il lui annonça :

–: Aujourd’hui, nous allons rendre visite à ta tante, ma sœur que j'aime beaucoup, surtout pour sa bonté.

– J'ai décidé de lui faire une surprise, elle ne sait pas que je t'emmène avec moi.

–Tu sais ! Il n'y a pas un jour, une heure ou l'on ne se vois pas sans qu’elle ne demande de tes nouvelles.

Arezki se ramassa très lentement et se leva. Il arrangea son lit aussi lentement que possible pour avoir le temps de se faire une idée de cette nouvelle aventure, qu'il espérait heureuse.

 La tasse de café au lait ramenée par son oncle était posée sur une meîda (table hexagonale) depuis un certain temps. Elle avait refroidi mais il n'osait pas faire part à son oncle de cela. La faute lui incombait seul.

La tasse pompée en une seule apnée, il ne restait plus qu'à prendre le chemin de la banlieue Algéroise pour une jolie ville dénommée Birkhadem, lieu de résidence de   nana El Djouher, la bonté et de son mari, la droiture.

 Un trajet meublé par un silence à couper le souffle, Arezki ne respirait plus. Il devait faire face à de nouveaux visages.

Il s'attela pendant le trajet à imaginer

Nana El Djouher : elle ressemblerait peut-être à sa grand-mère puisqu'elles étaient du même sang, peut-être un ange sur terre puisqu'on disait aussi qu'elle débordait   d’altruisme et de générosité.

Son oncle mijotait un plan présentable à la famille de sa sœur qui pouvait en même temps faire une surprise agréable, se faire plaisir et garder un cachet sérieux de cette première rencontre.

 L'oncle était toujours prêt à inventer une anecdote ou une blague pour détendre l’atmosphère et amener la gaîté dans son environnement. Il aimait aussi partager les moments agréables avec sa famille et ses neveux.

L'histoire de la course Alger- le bled entre une vieille Ariane conduite par l'oncle et une voiture toute neuve (l'auteur ne se souvient pas de la marque) pilotée par le neveu se termina bien évidemment par la victoire de l'oncle routier de profession. Cette course s'acheva par des fous rires et un bon repas en famille.

Le bus dans lequel l’oncle et le neveu se ballottaient à chaque virage, sursautant à la moindre crevasse, finissait par donner un dernier coup de frein signifiant ainsi un arrêt terminus pour Arezki et son oncle.

 Le grincement de l'ouverture à air comprimé des portes, accéléra le système intuitif de l'oncle en connaisseur et en protecteur à jeter d'abord un regard, sur son neveu en lui faisant signe de le suivre, ensuite de descendre en cascade l'air pressé de rejoindre la terre ferme.

L'oncle prolongea l'élan de sa descente rapide vers la rue des marguerites.

Dans cette adresse providentielle, où habitait notre honorable famille, de nouveaux horizons culturels et sociaux s'ouvraient à Arezki.

L'accueil était très chaleureux, la porte  s'ouvra  au premier toc, comme par miracle avant que la main de son oncle ne revînt à sa position initiale.

Elle les attendait peut-être ou bien c'était le cœur de nana Djouher qui pressentit la venue de ses chers frères de sang. Les embrassades interminables se succédaient. Elle passait de l'un à l'autre sans discontinuer avec arrêt sur image de la carcasse de son neveu de haut en bas pour remonter très lentement vers son visage qu’elle fixa longuement,. Il ressemble à son père au moindre trait disait-elle après un ouf de soulagement d’avoir retrouvé les siens.

Elle le serra fortement contre son corps le prenant pour son père qu’elle avait à peine connue. Arezki sentit une odeur familière au contact de sa tante. Il pensa surtout à la doublure de sa grand-mère.

 Sa silhouette allongée vers le haut, la peau collée aux os, le cou dégagé des épaules, elle portait un visage centré dans un ensemble bien structuré. C’était Na Fati clonée.

Nana el Djouher portait bien son prénom de bijoux que toutes les femmes de la contrée chantaient. Elle dégageait une allure de femme imposante et respectueuse des liens de sang. Elle force le respect de ses invités.

 Après les premières larmes fraternelles et sentimentales, elle délivra des sourires porteurs de bonheur. Ravie de découvrir le fils de son frère aîné presque un homme, elle les amena tout droit vers son mari entrain de lire une documentation au salon et fit les présentations.

Zi Mohand en homme très actif et vigilant n'avait manqué aucun geste ni parole de la scène des retrouvailles. Il avait permis par politesse la redite , installé confortablement dans un fauteuil.

  Arezki méditait. La rougeur lui remontait au visage, un signe de timidité mélangé à la joie intérieure le trahissait à chaque événement sortant de l'ordinaire, car pour lui un tel confort et accueil étaient inimaginables.     Il ne pensait pas les vivre même pendant ses rêves les plus fous.

Nana el Djouher était mère de trois filles et d’un garçon. Elle n'avait rien perdu de son éducation de fille du grand cheikh Arezki, élevée dans un milieu paysan (dans la ferme de son père)  et elle était devenue promptement une citadine montrant ainsi la voie à ses enfants.

Arezki comme dans les fois précédentes avait mis tout son savoir-faire pour s'intégrer à cette nouvelle famille dont l'oncle avait préconisé un long séjour en accord avec ma grand-mère et sa sœur nana el Djouher.                               .           Quand nana el Djouher s'adressait à Arezki c'était de ses tripes que venaient les paroles. Sa gentillesse et son amabilité envers lui n'avait pas d'égal même auprès de ses enfants qu'elle chérissait pourtant à la limite du possible.

Zi Mohand chef de famille incontesté par son objectivé et sa prévoyance ne dérogeait pas à ce climat d'une sérénité infaillible. Il était aimable sans plus quand il s'agissait de relation avec Arezki.  Ce séjour prolongé chez nana el Djouher avait donné l'occasion au jeune homme de parfaire son émancipation par des études que Zi Mohand avait réglé en démarches et en espèces. Arezki profita à fond de cette chance de vivre dans un environnement convivial et de classe enviable.                                  

        Ainsi s'arrêta par la volonté d’Arezki ce mode de vie captivant a plus d'un titre. Il retrouva par sa propre volonté son village d'enfance ou une multitude de souvenirs habitaient chaque neurone de sa mémoire qui le dérangeait à chaque réaction synaptique. 

 

 

 

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1 Commentaire

  • #1

    Belounis Saliha (samedi, 28 mars 2009 12:57)

    Bonjour tonton Arezki, c'est un récit très touchant qui a
    fait ressurgir le passé dans mon coeur. Je te remercie pour
    ce bel hommage dedié a mes parents.

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