Des hauts et des bas naturellement, comme tout être humain, des rires et des pleurs sur mon chemin sinueux

dim

28

fév

2010

Les retrouvailles

L ‘arrivée à Paris Saint Dénis de Da Amar le miraculé, courait tous les cafés des quartiers magrébins comme une coulée de larve brûlant toutes les lèvres, ainsi le téléphone arabe avait fonctionné parfaitement.
Dés l'installation dans une maison mitoyenne de son ex-femme qu' elle avait louée le jour même du déracinement des habitants du village de son ex-mari et jetés dans la nature.
La course, à qui le rencontrera le premier pour s'acquérir des nouvelles de plus en plus mauvaises, commença, toutes les ruelles du quartier donnèrent sur la nouvelle demeure de Da Amar. Les accolades qui n’en finissaient pas, entrecoupés de sanglots, donnèrent la couleur ambiante dans laquelle se poursuivront les rencontres à venir, quand Da Amar balbutia un mot à l'adresse de son congratulant, la tristesse et l'angoisse envahissaient de nouveau profondément les entrailles des présents, des minutes suivirent un silence de veillées funèbres à la manière des rites pratiqués dans le village.
Cette atmosphère opprimante et suffocante rendra de glace certains arrivants qui n'osaient même pas s'aventurer une question. Cette tension n'avait pas empêché une réflexion suivie de proposition concernant l'avenir du nouveau venu. Un des visiteurs Da Mohand s'approcha doucement de Da Amar et lui souffla quelques mots à l'oreille, l'assistance se figea un instant pour permettre la transmission des vocables de se faire dans la sérénité.
Le geste de solidarité n'était pas une réaction spontanée, mais une pratique courante des travailleurs émigrés, dans leurs pays natals, il se fait sous forme de touiza à chaque fois qu'un des leurs est en détresse.
La bienfaitrice et néo moins son ex-femme fit son apparition bien après le départ du dernier visiteur parti tardivement à la lumière des lampadaires. Accompagnée de ses deux enfants, Monique,en abordant le seuil de la maison, était prise d'un trémoussement intérieur ébranlant ainsi sa forte personnalité, elle serra un peu plus les mains de ses chérubins qu'elle venait de rapprocher d'elle pour se réchauffer le coeur.
Elle fixa longuement son ex-mari, évaluant le temps passé à travers les rides de son visage accentuées par les horreurs passées. Elle lui serra dignement la main et laissa ses enfants découvrir leur géniteur.

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