sam
30
jan
2010
La vieille Hamama
La fille d'El Hadj Ali porte bien son nom, Très agile , disponible, elle n'utilisait jamais dans son langage le mot "non" ce mot qui fâche, quand la mère la sollicite pour ramener de l'eau et nettoyer la maison et ses dépendances elle acquiesce poliment. Elle se considère en apprentissage dans la vie de couple.
L'intégration à la nouvelle famille nécessita beaucoup d'effort d'assimilation, un long travail sur la connaissance des autres et sur sa propre personne, elle s’y prépara activement sous le regard attentionné de sa mère.
Hamama est une femme achevée physiquement et mentalement pour avoir été attentive et obéissante à tout ce que lui disait sa mère, quant à son père , elle ne communiquait avec lui qu 'à travers la mère, la pudeur exagérée et les coutumes ne permettent pas une convivialité père fille. Elle rêve de parler des heures et des heures avec son papa qu'elle adore.
Elle ne se privait pas d’exprimer sa pensée à travers sa mère que rien ne séparait, le cordon ombilical la reliant à sa nourricière était reconstitué par télépathie.
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La postérité était le principal souci de la jeune femme, d’abord pour l’héritage de quelques parcelles éparpillées sur le territoire du village, égayer la vie du foyer pour éviter les moisissures des esprits des membres de la famille, d’autres objectifs visés comme la force d’intimidation et l’assurance vieillesse, sont des atouts majeur de la postérité.
La maîtrise du temps n’est pas venue à Hamama par un apprentissage quelconques, la source était sa grande mère qui lui disait souvent que le bonheur tourne en permanence autour de nos têtes et qu’il faut savoir l'attendre. La patience est l’un des facteurs qu’il faut avoir toujours à l’esprit, elle ajoutait aussi qu’une fois le bonheur tournoyant autour, il faut le saisir, saisir l’opportunité est une grande qualité que Hamama pensait posséder
Na Hamama avait perdu son mari suite à une longue maladie lui laissant deux garçons Kaci et Ali et une fille El Djouher. Le destin se retourna les talons des désirs de la bonne femme de vivre la symbiose familiale et de s'assurer de quoi subsister. Les terres arides, escarpées et morcelées ne permettaient pas de nourrir ses possesseurs. Les oncles aidaient Na Hamama à survivre au gré du temps.
Les enfants grandissaient quand la guerre éclata entre le peuple Algérien et le colonisateur français. Le processus de la libération du pays par les armes s'accentuait, les enfants de Na Hamama devenaient de plus en plus mature et ils comprenaient mieux les tenants et aboutissants de cette révolte d'un peuple faisant sa révolution..
-Pourquoi ne pas participer est devenir moudjahid disait Kaci à son frère Ali ? Ces échanges de confidence resserra liens fraternels de deux jeunes hommes pour faire de la participation à la révolution une cause commune, seule la soeur devinait leur projet en saisissant les quelques bribes d'écoutes quand elle passe devant eux.
La rapidité des événements constituant la lutte de libération nationale ne donna pas le nécessaire à la réflexion aux jeunes hommes pour préparer leur engagement auprès des moudjahiddine, l'aîné prépara son entrée au statut de recherché, et rapidement dans la clandestinité totale et depuis il ne donna plus aucun signe de vie même à sa mère.
- Écoute maman, en ne sait plus ce que pense mon frère ?
La jeune femme soupir un instant, puis brutalement
- Tu exagères par tes questions irréfléchies.
- Ah! non ! je parle de mon frère.
La maman lui coupa .
- De quel frère parles-tu ?
- Mère, je parle de celui qui se prépare à aller au maquis, rejoindre l'autre, dont on ne sait pas si, il est vivant ou mort.
- Oh! mon dieu ! mon deuxième fils veut partir ...au maquis ! Elle diminua de la voie pour continuer à baragouiner une suite de mots inaudibles.
La règle d'or dans les maquis été la discrétion imposée à tous moudjahidine, la loi du silence, chaque touffe, chaque buisson a des oreilles, se disait-on souvent dans les discussions entre combattants.
La jeune femme usée par l'emprunt imposé de deux voies que son coeur n'arrive pas à départager, l'amour pour la progéniture au prise à une guerre de libération nationale, le risque de les perdre était presque certain et l'amour de son pays de sa culture dont elle est gardienne du temple depuis des temps.
Elle souffrait silencieusement le martyre qu'elle exprimait par des : ouf! et des hof!
Un ciel clairsemé d'étoiles accompagnait toute la nuit Na Hamama dans l'attente du retour de son benjamin fils. Elle ruminait depuis le crépuscule , sur le sort, que dieu qu'elle adore, lui avait réservé.
Jouer toute sa postérité pesait lourdement sur l’esprit déjà, malmené par les aléas du quotidien.
Sa fille ,El Djouher ne perdra rien de tous ces événements familiaux, elle décida de prendre son coeur à deux mains pour expliquer à sa mère l'importance d'ici bas et de l'au delà de faire le djihad contre les colons exploiteurs de nos richesses et pilleurs de notre culture.
Na Hamama tendra attentivement l'oreille dans l'espoir de relever une nouvelle, traitant de ses enfants , pour elle, citer leurs noms, lui donne un état de réchauffement de son corps et déclanche un rythme cardiaque instance, elle se sentait fière d'être génitrice de héros.
Les paroles d'El Djouher n’apportèrent guère de nouvelles réconfortantes, mais elles renforcèrent la cohésion entre les deux femmes au destin commun.
La lune éclaira l'Algérie de ses lumières tamisées par la force de l'engagement du peuple envers la révolution menée par les moudjahiddine.
L'indépendance comptabilisera dans la famille de Na Hamama, un chahid Kaci que dieu, l’accueil en vaste paradis. Un moudjahid Ali, tout disposé à repartir pour le grand djihad : le développement économique, la lutte contre l'inégalité sociale et la société de libre expression ou chacun trouvera le bonheur de vivre.
Na Hamama maria ses enfants, la fille El Djouher à un jeune du village ou elle trouva tout son bonheur.
Ali épousa une jeune veuve de chahid sans enfants, en reconnaissance à la bravoure des siens dans les maquis..
Quant à elle, les saints de la Mecque sont intervenus pour l'appeler à accomplir le cinquième pilier de l'islam " le HADJ"
La suite, seul dieu a le pouvoir de décision.
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- La vieille Hamama (2010-01-30 01:04:19)
Des hauts et des bas naturellement, comme tout être humain,
des rires et des pleurs sur mon chemin sinueux


