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Naissance d’Arezki
En ce mois de février, aux portes du printemps, dans une maison implantée au milieu d'un vaste champ de blé, naquit un enfant au destin imprévisible. Issu d'un accouchement sans assistance, il poussa son premier souffle salivant accompagné de cris aigus ressemblant à un appel au secours. Ses grand-mères et ses tantes accouraient pour qui verra la première si c'était une fille ou un garçon, dans ce dernier cas, elles lanceraient des youyous interminables, exprimant ainsi leurs joies et l'accueil’un héritier. Les oncles n'étaient pas à la maison. Il faut dire que le père du nouveau-né n'avait que vingt ans et est le plus âgé de ses frères. Cet événement ne s'était pas produit depuis une dizaine d'années dans la famille, la naissance de l'oncle étant le dernier. La venue du bébé bouleversa les habitudes de tout un chacun ; le temps était à la fête ce jour-là. Arezki est le fruit d'une union d'un couple très jeune. Son père Mohand, orphelin à l'âge de 14 ans, est l'aîné d'une fratrie de 10 enfants : cinq garçons et cinq filles. Cette position lui donnait dès le départ tous les droits sur la famille en tant qu'homme le plus âgé de la smala. . Son père Arezki qui avait épousé 3 femmes lui avait laissé en héritage avec ses frères et demi-frères une ferme suffisamment grande pour nourrir tout un village. Cette situation de privilège matériel et financier le met dans une condition de folie grandeur sans retenue. Mohand beau, dynamique, intelligent, se place directement et sans transition dans la cour des grands, laquelle est composée essentiellement de profiteurs et de charognards. Si l'argent faisait le bonheur des uns, pour Mohand dans l'état de surabondance, c'est le chemin de l'ostensible, de l'étalage et de la saoulerie. Il ne fallait pas omettre d'indiquer que l'entourage était constitué en majorité de membres de la famille par alliance et des individus des villages environnants. Que peut-on dire de ce mariage arrangé ? Le père avait épousé la fille de sa tante ; de tradition ce genre d'union accédait au renforcement des liens entre les deux familles déjà très attachées, il permettait surtout une docilité sans égale et une intégration facile. Chaque jour que dieu fait, Mohand s'enfonce de plus en plus dans l'abîme à la recherche de nouveaux amis, en réalité ils l'attendaient à chaque touffe d'osier ou contre bas d'un sentier. L'homme riche leur tombait des cieux et la soirée allongée jusqu'au matin ne serait que radieuse. Il était le seul à flamber. Son infidèle ami, le vin, le transformait en une éponge sans cesse utilisée dans des lieux maculés. Les cavernes, les buissons et les bars ne sont fréquentés que par des individus en déphasage poussé par apport à la société. Arezki ne pouvait ni apprécier ni désavouer cette situation dramatique de son père désoeuvré ni de sa mère battue, maltraitée. Le trousseau de sa maman pas entièrement déballé était vendu objet après objet au plus offrant pour les besoins des soirées de plus en plus coûteuses. Il ne pouvait à peine bouger (il n'avait que 20 jours) quand il était chassé ou plutôt pris avec sa mère par son grand-père maternel laissant derrière lui des richesses à portée de charognards. Il y trouvera bien refuge. Une famille composée de cinq personnes : un couple de vieux, un garçon et la mère de Arezki. Seules, la vieille et la belle fille étaient constamment présentes au foyer, son grand-père émigré en France, son oncle à Alger.
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