Des hauts et des bas naturellement, comme tout être humain, des rires et des pleurs sur mon chemin sinueux

 

Le chemin de l'espoir

 

            Si Hmed est un l'homme juste, disaient de lui, les gens qui ont entendu parler de ses exploits de bandit d'honneur pour certains et de bandit tout cours pour d'autres.

 Il était un homme au corps ramassé aux yeux perçants dans sa silhouette calée, il avait une grosse tête, toujours couverte d'une chéchia d'Istanbul de couleur rouge, le bleu de Schangaï appelé aussi bleu de   Marseille était ses habits préférés.

             Il faisait partie des personnalités marquantes par la protection qu'il portait à toutes les personnes de son douar ayant eu des problèmes de tous ordres à Alger et ses environs.

Naquit dans une région forestière très escarpée, le disse constituait la brousse des clairières ou les bambins de la contrée passaient les meilleurs moments de leur jeunesse.

 Si Hmed l'aîné de trois frères et de deux sœurs que les lopins de terre de son père malade n'arrivaient pas à subvenir à leurs besoins les plus vitaux. ils n’ y avaient que cette sorte d’herbes appelée diss que même les animaux tels que les ânes n’en voulaient pas.

Il décida avec ses deux frères de tenter leur chance dans une grande ville, leurs choix s'étaient portés, bien sure la capitale du pays ou les anciens avaient déjà fait leur base d’appui

Ils prirent le chemin sinueux et montant, nanti d'une maigre réserve en figues, galettes et un carafon à goulet fermé rempli d'huile d'olive de la dernière récolte, de quoi subsister quelques jours en attendant les meilleurs.

Chemin faisant, ils mijotaient les divers plans de sortie de cette situation inextricable qu’ils exposèrent à leur frère aîné. La sagesse de si Hmed les interpella à garder leur sérénité face à la peur de leur devenir immédiat, il proposa de traiter les difficultés au fur et à mesure qu'elles se présenteront.

D'une allure synchronisée par des pas de marche forcés à la cadence militaire, les trois frères arrivèrent enfin au garage de l'unique transporteur de la contrée, ils payèrent leurs places debout et prirent la direction de la capitale.

 Pendant ce long trajet, ils ne soufflèrent mot, mais le benjamin ruminait intérieurement, pourquoi ils ne pouvaient pas s'asseoir alors qu'il y avait des places assises et vides.

L'extrême pauvreté de nos amis voyageurs ne leur permettait pas d'utiliser les sièges payants.

La rudesse des montagnards, la ruse cadrée et la résistance aux aléas quotidiens avaient fait de nos amis, des hommes de toutes les situations en milieu rural.

L'épreuve d'une nouvelle vie hors de leur microcosme habituel, les contrariait au point de mettre en relief les trait de leur visage par une forte compression sanguine, faisant clignoter le nerf facial, une indication de prêt à bondir.

            L'enfance et la jeunesse de nos trois jeunes hommes, issus d'une famille à la limite de la survivance, Malmenaient leur développement comportemental. Ils continuaient à traîner ce passif lourd dans la vie de tous les jours et leur avaientt rendu précaires tous projet d'avenir.

Le ronflement du vieux tacot ne dérangea point le trio, ils continuaient chacun selon la disponibilité de ses neurones à envisager un scénario plausible d'intégration dans le monde du travail. Les interférences stimulées par leur instinct juvénile, prévoyait la couleur de la capitale tant tôt en noir, mauvais augure, tant tôt en blanc avec un avenir prometteur.

Le balancement du tacot dû aux virages mal négociés par le conducteur, contribua mettre le tapage intérieur synaptique dans une voie plus réaliste, les arrêts et les demandes d’arrêts inspiraient les idées farfelues dont ils se pressaient de s y engouffrer.

Des maisons coloniales regardaient d'un air moqueur les passagers qui se hasardaient à prendre possession de ses sublimes vues panoramiques dans un ensemble verdoyant.

Ainsi nos amis retiraient complètement de leur rêve se posaient la question du choix : d'opter pour un travail à la ferme, mais la réaction de l'aîné, chef de l'escouade et craint par ses frères qui n'osaient pas de ce fait courir une remarque désobligeante qui remettrait en doute la destination initialement porteuse d'espoir déjà construit.

Le défilement devant les yeux, des fermes avec leurs carrés de cultures maraîchères, d'arbres fruitiers et de champs de blé organisés de mains d'artiste, porta nos amis dans les nues, la tête figée, le regard fixe.

 Ce n'était pas la beauté verdoyante, ni les odeurs chatoyantes qui les avaient subjuguées, c'était l'immensité des champs à perte de vue et sans relief, mais aussi et surtout par l'abondance des produits agricoles à l'état de développement que le benjamin murmurait les souhaits de revoir à l'étape de la récolte.

 Le vieux bus entama l'entrée dans le grand Alger par sa partie ouest, l'accueil de l'Oued El-Harrach, qui n'omettait jamais d'en avertir les voyageurs par sa renommée d’odeur nauséabonde. Pour nos jeunes, habituaient à l'air pur des montagnes, celui-là n’était pas respirable et ils ne pouvaient le supporter si la durée allait leur être imposée.

La préparation à la descente annoncée par le receveur avait fait frémir les nouveaux arrivés, aussi ils se dépêchèrent de mettre pied-à-terre et d'ausculter l'environnement immédiat.

Si Hmed descendit le dernier, ne souffla mot à ses frères, d'un signe de la tête, la file indienne s'était constitué derrière lui. Ils se dirigèrent vers la demeure d'un oncle éloigné, demeurant en plein cœur d'Alger, la Kasbah, l’accueil traditionnel et coutumier ne dérogea pas à la règle.

Une nuit troublée par le changement de toit des trois compères bouleversa leur stature, ils étaient froissée par la nature de changement et l’imam de la mosquée sonna la de nuit, ils se levèrent donc à l'aube, prirent le déjeuner et se rendirent à la pêcherie, en contre bas de la Kasbah.

 L'air marin ne leur était pas  étranger, leur résidence dans la contrée est mitoyenne de la mer, seul un nez rocheux les séparait.

Le premier lien commercial établit avec l'un des vendeurs de cagots de sardines, établit le prix fixé à la courte oreille et suivant la recommandation de l'oncle, ils ne payeront qu'après avoir vendu la marchandise.

L'écoulement des premiers kilos était sans problèmes autres que celui de la timidité et le balbutiement à rendre la monnaie.

Le premier couac avec les clients venait d'une catégorie de personnes se prenant pour des voyous et certains, l’ étaient réellement, ils prenaient la commande sans payer et affichaient un air de macro redoutable, des regards s'échangeaient entre les frères, mais laissaient passer.

Ce genre d'événement se répétait à chaque tournée et dans tous les quartiers.

N'arrivant plus à tenir ce rythme menant directement à la ruine, le coût des casses croûte qui les faisaient subsiste et auquel ils fournissaient un effort considérable était anéanti par les actions de ces bandits sans foi ni loi.

Nos jeunes montagnards décidèrent d'en finir avec cette pratique ruineuse appliquée à leur moyen d’ existence, organisèrent la riposte.

Ils se consultèrent pour empreinter, l'une des deux voies possible : Repartir au bled ou résister, la deuxième était plus honorable plutôt que  le retour à la misère plus la honte de fuir alger.

Le plan de résistance était simple, quadruplé le nombre de poids et le lancer sur la figure de toute personne récalcitrante au payement de la sardine achetée.

Le lendemain tout acheteur repéré comme voyou ou n’ayant pas réglé leur dû, recevait le poids en fer sur tête et le laissèrent tout en sang, ils abandonnèrent le lieu pour changer de quartier et refaire la même opération jusqu'à la fin des ventes vers midi.

Le jour d'après, la politesse était de mise chez les clients et les voyous massacrés revenaient pour payer leur dû sourire en sus. La reconnaissance arrachée par la force des poids en fer laissa nos hommes désorientée par la marche à suivre dans de pareilles circonstances.

Une idée pernicieuse effleura Si Hmed et prit une direction contraire au bon sens. Des petits méfaits aux grands il finit par prendre goût au gain facile et peu recommandable.

Si Hmed maniait les armes à feu autant que les armes blanches, il était craint et respecté par tous dans cette kasbah, monument historique et coeur de la capitale.

 Un jour, le frère de la grand-mère d'Arezki demandait à sa soeur de le prendre pour un séjour dans son fief à la kasbah, ou, il logeait avec sa femme et ses filles son beau-frère sa belle-soeur et ses enfants.

La proposition plaisait à la vieille, mais la séparation même courte était difficile supporter, mais elle ne pouvait lui refuser cette offre d'autant plus qu'elle permettait au jeune homme de voir d'autres cieux pour les besoins de son éveil.

 Il faut dire que partir du bled à la ville pour le jeune homme est une grande aventure qui ne s'était jamais réalisée avant, ce qui avait rendu Arezki inquiet, inquiet de l'horizon immédiat illisible.

            Quelques minutes plus tard il s'installait dans une 203 grise d'où provenait une odeur d'essence mal consommée par la rutilante, il faut dire que c'est la troisième ou quatrième automobile existant dans la contrée. Un départ en trombe et les voilà sur la route.

Quatre longues heures de ronflements du moteur, de grincements des rotules tellement les virages étaient difficilement négociables, c'était une route nationale de première réalisation dans l'histoire du pays, très sinueuse, les pentes et les descentes se suivaient à l'infini virage après virage. Le jeune Arezki ne savait pas si il fallait savourer le balancement de la cabine ou regarder les champs.

La ville d'Alger se pointait au loin, blanche et lumineuse, balayée par les reflets de la méditerranée que les vagues faisaient mouvoir, ainsi s'achevait le périple de son histoire dans la maison de l'oncle Hmed.

 Arezki dans sa nouvelle famille d'accueil était émerveillé par la façon dont la bâtisse était construite, que du ciment du jamais vue, la demeure de ses grands-parents était de pierre et de terre.

 Émerveillé par l'ameublement en bois au lieu des couffis fait de terre pour emmagasiner des figues séches et autres grains), émerveillé aussi par la façon de s’assoir sur des chaises et j'en passe.

L'abondance de la nourriture posée à table dès midi faisait ruminer l'estomac d'Arezki mais il n'osera jamais demander quoique se soit de peur d'être étiqueté dès le premier jour de personne sans retenue ou de mauvaise éducation.

Chaque jour que dieu fait, il apprenait gestes et manière de faire, tout le mode de vie citadin doit- être assimilé dans les meilleurs délais, façon de montrer à ses hôtes ses capacités d'adaptation.

            Le séjour est porteur de nouveauté dans sa façon de voir, de réfléchir et de penser, il est long et court en même temps, deux images mémorables se croisaient en permanence dans sa tête : la demeure d'accueil avec sa modernité et sa grand-mère devant la porte attendant tristement son arrivée, il avait laissé un vide qu'elle ne pouvait combler que par le rêve et l'imagination.                                                                                    .            Le retour à la maison était joyeux pour tous ce jour de l'Achoura, Arezki qui était accompagné par si Hmed son oncle cachait mal une gaieté à peine visible dans son visage émacié.

 Enfant discret, il rougissait au moindre regard et n'extériorise jamais ses désirs il s'inventait un monde à sa mesure quand il avait le temps de méditer.                                                                           .              Rentrée au bercail le jour de la fête de l'Achoura il avait trouvé une grande animation due aux visiteurs venus de partout pour demander la baraka du village et du saint marabout très vénéré par la population.

 Le clou de la fête était évidemment la ouziâa : la ouziâa est d'abord un acte de solidarité, par l'égorgement d'un certain nombre de boeufs, trois, quatre ou cinq selon la décision des touamen.

Pour  ce jour de piété faire manger de la viande à tous les habitants du village sur un même pied d’égalité entre les riches et les pauvres montre l'équité dans sa vrai dimension.

Les dons se faisaient discrètement et la distribution des parts par tête d'habitants dans une ambiance conviviale, fait surtout le bonheur des pauvres en ces temps de disettes.

 

 

 

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