Des hauts et des bas naturellement, comme tout être humain, des rires et des pleurs sur mon chemin sinueux

La nouvelle maison d’Arezki  5

 

La demeure des grands-parents d’Arezki ne sort pas de l'ordinaire architectural des montagnes de Kabylie. De forme rectangulaire, elle était construite de mottes de terre et de pierres ramassées dans les champs. Les deux vieux servaient de manoeuvres tout le temps qu'ont durés les travaux de construction ; seule la nuit les obligeait à interrompre le travail. L'épaisseur des murs bien damés par le constructeur dépassait le demi mètre, permettant de ce fait une climatisation constante à l' intérieur de la bâtisse constituée de deux maisons l'une en face de l'autre.

Le milieu servait de cour avec deux sorties une vers l'extérieur et une petite donnant sur le reste de la propriété. Il faut rappeler que chaque maison n'avait qu'une seule porte à deux battants. La première était orientée vers le sud-est pour recevoir le soleil du matin sur toute sa surface et seconde vers le nord-ouest pour celui de l'après-midi.

 Deux autres sorties et pas des moindres, deux trous, l'un à proximité du toit et l'autre en contre bas du mur. Ils servaient d'aération et d'évacuation des fumées. La toiture faite de treille de roseaux soutenue, sur sa longueur par trois longues poutres en chêne zen et des planches de la même essence sur sa largeur.

 La demeure était implantée sur la partie haute dans un champ en pente et de forme rectangulaire entourée, de figues barbaries à épines longues et dures. Au milieu se dressait un mur circulaire portant trois pieds en fer sur lesquels était attachée une poulie pour puiser l'eau de ce puits creusé par la force des bras du grand-père aidé par sa femme.

 Les deux frères du vieux étaient ses voisins, l'un à sa droite et l'autre à sa gauche. Voici le petit cadre de vie préparé initialement pour leur fin d'existence.  C était un bien à léguer à leur fils unique dont on disait qu'il était très instruit : il avait occupé la fonction d'officier de la marine Française (comme lieutenant) à cette époque d'indigénat. Arezki chez ses grands-parents était bien pris en charge.

 La vie de bébé Arezki devrait être fastueuse par le fait d'avoir comme parents la sagesse, l'expérience et répondre à un manque à l'intérieur du vieux couple. Se sentant seuls, ils comptaient redémarrer une autre vie à trois, dans l'espoir lointain de faire de lui un héritier.

 Le sort du bébé qui s'est retrouvé chez les vieux et la belle fille résulte du remariage prématuré de sa mère. Avec le mode de vie du siècle passé, la mission des parents était difficile d'autant plus que l'entourage ne leur avait pas facilité la tâche par le lancement à chaque occasion des piques acerbes sur la capacité d'élever un enfant à leurs âges. Arezki ne savait pas s'il était orphelin ou parenté.

 

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