Des hauts et des bas naturellement, comme tout être humain, des rires et des pleurs sur mon chemin sinueux

 

                                        

                                                    Arezki Nath Ali
 

Arezki Nath Ali était le nom que le grand-père maternel  d’ Arezki portait, de petite taille il était agile, souple, d'une dextérité accomplie, très dynamique et à cheval sur les principes. Il était aussi d'une bonté exceptionnelle.

              Analphabète, il tirait ses enseignements de sa propre expérience, dans son village, dans le temps passé hors de l'environnement de naissance mais essentiellement comme émigré en France

 Dans les événements malheureux qu'il l'avait marqué principalement la mort de son unique fils et, le divorce de sa fille égalementunique.

Le vieil Arezki Nath Ali avait transféré tous ses sentiments, vers son petit-fils le chéri, il n'oublie jamais de mettre dans sa première priorité l'instruction sujette de ses propres refoulements.

 Toute sa longue vie était confrontée à ce handicap d'illettré, assimilé à tors ou a raison à l'ignorance.

 Sa façon de faire passer le message se basait sur le matraquage ; tous les jours que dieu fait, la même rengaine revenait, il insistait sur l'importance de bien travailler à l'école, de s'instruire. Au mieux disait-il ,      

– Une bonne place au soleil avec un classement social honorable, au pire 

–tu seras un homme averti et respecté et tu arriveras à subvenir facilement aux besoins essentiels de la vie. 

Le vieux ne faisait jamais part, des difficultés qu'il rencontrait ni de ses soucis.

Depuis son arrivée de France, tous les samedis, jour de marché hebdomadaire, il se faisait toujours accompagner par Arezki. Ils faisaient d'abord les courses au souk, s'approvisionner en orge, sel, pétrole pour l'éclairage, ils revenaient ensuite déposer les provisions chez ami et voisin ami, Akli.

 Le grand-père lui fera visiter la ville qu'on aura dû appeler la ville des fontaines mais le nom actuel ne déméritait, il avait tiré son essence de la résistance à l'invasion coloniale.

Le tour de la ville terminait, ils se rendaient chez ami Akli pour rassasier son petit-fils de frites bien salées qu'il trouva excellentes la faim aidant.

Le compagnonnage presque quotidien de ce duo donna des ailes à notre jeune homme, il se sentait encadrer maintenant qu'il a deux parents (il ressemble un peu aux autres), il s'épanouissait mentalement et physiquement.

Arezki Nath Ali était aussi un homme pieux et respectueux des us et coutumes de la société dont il était issu sur tous les points excepté la loi kabyle " thaarfith ", notamment le non-droit à la succession de la femme.

 Pour contourner cette loi, dans une famille qui ne possède pas d'héritier mâle dans sa procréation, le chef de famille se mettait sous la protection du droit français pour léguer ses biens à ses enfants de sexe féminin. Arezki Nath Ali et son frère n'en avaient pas dérogé à cette logique, celle de notarié par des actes, leurs biens à leurs filles, eux qui ne possédaient pas d'héritiers mâles.

Un certain nombre de points litigieux non régis par les lois de thaarfith étaient résolus par la djemaa du village dans leurs réunions périodiques.

Il était souvent fait appel à l'imam de la mosquée, fort de ses connaissances en charia (loi coranique) pour départager judicieusement les personnes en conflit.

 Arezki Nath ne ménage pas ses efforts quand il s'agissait de se prévenir contre des imprévus pouvant nuire à sa petite famille.

Arezki faisait souvent par de ses regrets de ne pas leur reconnaître de vive voix les sacrifices consentis, il disait ceux-ci : comment trouver les mots pouvant exprimer ma profonde reconnaissance à Arezki Nath Ali et à fathma thakissount, mes grands-parents!

Il disait aussi :

– la langue dont je fais usage pourrait-elle m'emprunter quelques éléments nécessaires à l'expression de ma modeste reconnaissance à Arezki Nath Ali et à Fathma thakissount.

Il ajoutait :

–Je salue leurs efforts,  l'abnégation consentie et de m'avoir préservé jusqu’ à l'âge adulte.

 

 

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2 Commentaires

  • #1

    amie de la famille (lundi, 29 juin 2009 02:42)

    excellente leçon de gratitude, cette qualité qui fait défaut de nos de nos jours. bonne continuation et surtout bonne santé.

  • #2

    Arezki (mardi, 28 juillet 2009 12:13)

    Merci pour le compliment.

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